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le webzine sur l'Europe de l'Association Jean Monnet - N° 10/ Février 2007

L'actualité européenne décodée

 


Les Capitales européennes de la Culture

 

À l’origine, la recherche d’un nouveau souffle communautaire se lie à une idée de Melina Mercouri, alors ministre grecque de la culture, déclarant qu’“il est temps de faire entendre les voix de la culture, de l’art et de la créativité”, et de “créer un dialogue vivant entre les cultures d’Europe tout en respectant ce facteur déterminant de l’identité européenne qu’est le respect des diversités”.  

Ainsi naît en 1985 le projet symbole des Villes européennes de la culture initié par le Conseil des ministres de l’Union européenne. Un pari ambitieux autour de ces villes prises en compte dans la construction européenne après les états et les régions, et qui au delà de leur localité, disent depuis longtemps le sens multiple de l’Europe.  

Quelque 20 ans d’enthousiasmes et de scepticismes, de jeux d’équilibres multiformes, coûteux, réussis mais déviés aussi, ont mené à un affinement nécessaire des objectifs initiaux et à des modifications dans les critères et les procédures de sélection.  

Bon an mal an, on a là un programme bien implanté. Et à un tournant de sa maturation dans les textes comme dans son histoire, avec le jumelage Luxembourg-Sibiu, on peut s’interroger sur sa place dans cette avancée sans références, sans modèle possible, qui est celle de l’Europe en quête de ce qu’elle aspire, encore confusément, à devenir.  

© Photo : Pierre-Olivier Deschamps / Agence Vu


Inauguré en juillet 2006, le Musée d'Art Moderne 
Grand-Duc Jean -Mudam- (Architecte : I.M. Pei) fait 
partie d'un important programme d'infrastructures destiné 
à placer Luxembourg parmi les capitales culturelles.

 

Avec Sibiu 2007, théâtre et concerts dans la salle Thalia, réouverte en 2004 et nouveau lieu de résidence de l'Orchestre Philharmonique d'Etat de Sibiu.
Et bien plus d'événements dans le centre historique, sous les arcades gothiques, sur les fortifications...

Glasgow l’inattendue

Athènes, Amsterdam, Berlin, Paris, et l’incontournable Florence… Le démarrage du programme est timide, dans une ambiance de doute, autour de critères flous et de capitales n’ayant rien à prouver, axées sur des buts esthétiques souvent patrimoniaux, et le tourisme.

L’objectif était alors d’ouvrir au public européen les aspects culturels particuliers de la ville, de la région ou du pays concernés, et de concentrer sur la ville désignée un certain nombre de contributions culturelles des États-membres.

Arrive Glasgow en 1990. Ville post-industrielle violente, candidate insolite, avec précisément la volonté de transformer son image et d’engranger un processus de régénération par la culture, elle l’emporte sur 8 villes dont Liverpool, Cambridge, et sa rivale de toujours Edimbourg.

Et tout change, avec pour la première fois une année entière d’événements, une structure non municipale et très professionnelle, l’implication transversale de la communauté -développement économique et urbain, tourisme, culture, éducation et financiers privés,- et des spectacles  tous azimuts : près de 4 000 pour le théâtre, presque autant pour la musique, un millier d’expositions, sans oublier le sport.

Avec cet exemple réussi d’appui multisectoriel, de médiatisation solide et de repositionnement national et international, Glasgow 1990 contribue à lancer les Villes européennes de la culture.

Mais cela n’exclut pas, déjà, les remises en cause sur la durabilité des actions culturelles et des emplois,  créés surtout dans le domaine précaire du tourisme, sur la pertinence d’expositions simplificatrices coûteuses, sur la dimension européenne

Autant d’options, de succès et d’écueils qui préfigurent ceux des Capitales ultérieures.

Un formidable défi

Lieux de mémoire comme d’innovations, créatrices de réseaux devançant l’Europe politique, aires de proximité, de métissages et de mutations, voilà les villes liées à la culture, ce concept glissant qui inclut entre autres patrimoine, forme vivante de l’expression culturelle et mode de vie distinctif d’un groupe d’individus, - et qui, au delà de ce qu’il englobe, est système de lecture et de relecture fondamental de nos sociétés, de nos histoires, de nous-mêmes, comme il est porteur de dialogues et d’échanges repensés.

Il y avait là source de richesses autant que de dilemmes et de constructions hybrides, tiraillées entre les voix multiples des artistes, les pressions politiques, économiques, touristiques, - et la nécessité de mettre en valeur la personnalité unique des villes tout en la projetant dans une  vision identitaire européenne.

Quel challenge pour le programme culturel, tendu entre ces forces, que de ménager superproductions et initiatives locales, institutions établies et artistes indépendants, festivités ponctuelles et travail culturel obscur, de fond, qui n’existe que dans la durée… Il ne s’agit pas seulement de grand répertoire et de contemporain, ni même du plus grand festival jamais imaginé. Aucune équipe n’ayant été formée pour ça, il y eut de nombreux départs dès la phase préparatoire, - et il y en a encore. 

L’année  des Capitales Européennes de la Culture

Sur des thématiques ouvertes, - Saisons, Voyage, Villes, concepts comme Pensée, Spiritualité et Créativité…- avec une moyenne de 500 événements, on oscille entre 108 projets à Graz (pour 6 000 événements) et 2 000 à Lille. Une pléthore de manifestations donc, -trop-, où chacun trouve son compte, avec des célébrations d’ouverture fort efficaces pour la mobilisation du public.

Élargissement de la notion de culture, recours à l’idée de développement durable, et perspectives sociales avec la volonté d’attirer et d’éduquer de nouveaux publics, notamment les enfants, les jeunes et des groupes défavorisés, - au delà du côté festif des origines, de nouvelles priorités ont émergé autour de réflexions sur les cultures urbaines.

Profitant de leur localisation, comme Luxembourg et Grande Région 2007 ou Lille 2004, certaines villes jouent à fond, avec succès, l’atout du transfrontalier et de l’inter-régional initié par Copenhague en 1996.

Quelquefois prioritaires comme à Porto, Thessalonique et Gênes, des travaux majeurs d’infrastructures ont presque partout été entrepris: transports, aires publiques, rénovations de bâtiments historiques et créations de nouveaux lieux dévolus aux arts - une trentaine de musées dont 10 pour le contemporain, des salles de concerts, plus de 30 centres culturels…. Après nomination d’une Capitale, les travaux en cours s’accélèrent, les financements se débloquent.

Son label CEC 1995 et des festivités à organiser sous chapiteaux déclenchent pour Luxembourg une prise de conscience: douze ans et 800 millions d’euros plus tard, cette ville aujourd’hui Capitale 2007 s’est muée en centre de création et de diffusion.

Il y a eu parfois bien des tollés sur les dépenses, d’autant plus qu’il n’est pas toujours facile de faire vivre, et bien, dans leur fonctionnement et leur contenu, tous les nouveaux espaces culturels. Mais souvent, ces nouvelles infrastructures ont été reçues comme un héritage symbolique précieux.

Pour sa part et bien qu’avec de grandes variations, le tourisme connaît dans l’ensemble un vrai boom – une croissance de 12% en moyenne pendant l’événement, qui se maintient souvent l’année d’après.

Ainsi, pour ce qui est de la dynamisation des villes, les CEC sont vues comme une action culturelle très positive, répondant à des préoccupations le plus fréquemment tournées vers le tourisme d’abord, puis vers l’emploi, l’image de la ville, et son développement culturel.

Cela malgré souvent des attaques de presse virulentes, des problèmes financiers et des questionnements sur le long terme comme sur une adéquation aux critères.

 

Culture et perspectives européennes

C’est bien d’elle dont il devrait s’agir. Mais trop fréquemment, la culture n’a pas été l’objectif central des Capitales.

Lorsqu’elle a eu sa place, elle s’est révélée être un concept unificateur et un processus de régénération puissant des villes et des régions. En parallèle, les programmes culturels ont accru leur impact et leur durabilité lorsqu’ils étaient intégrés à d’autres facettes du développement urbain et à une vision globale de la ville.

Autre raison d’être majeure des CEC, la dimension européenne signifie pour celles-ci la mise en valeur de leur propre patrimoine tout en insistant sur leur place dans le patrimoine européen, avec une intensification des échanges culturels entre pays européens.

Affichée dans presque tous les programmes mais hautement prioritaire pour seulement 4 capitales sur les 21 de la période 1995-2004 -, cette notion a connu bien des difficultés de mises en oeuvre: pressions lui ôtant sa priorité, manque d’expérience, ou non viabilité des projets au-delà de l’année culturelle pour défauts de conception ou insuffisance de budgets. Les événements, dans les faits, ont été plus locaux ou inclus dans la rubrique International.

On note bien entendu des projets -peu-, qui ont perduré, tel Trans Danse Europe créé en l’an 2000, de nouvelles entrées dans des réseaux européens comme pour Stockholm avec les Informal European Theatre Meetings et pour Graz avec la Conférence mondiale sur la paix et sur la religion, l’influence de Berlin 1988 et de Salamanque 2002 respectivement sur la chorégraphie et la dramaturgie européennes, des colloques comme What about Europe dernièrement à Patras 2006.

D’autres villes ont exploré leur passé européen - importance de Gênes au XVIIe siècle, nombreuses idéologies et personnages culturels associés à Weimar -, ou développé des thèmes tels que multiculturalisme et multilinguisme comme à Luxembourg en 1995.

Des réalisations, donc, sans conteste, mais le plus souvent non inscrites dans un ensemble cohérent leur assurant visibilité et prolongement. Et au total, des capacités en matière d’intégration européenne et de coopération peu concrétisées.

Quant aux contacts avec les autres cultures du monde, toutes les villes ont dit vouloir les développer, au travers de manifestations le plus fréquemment réalisées avec les États-Unis et le Japon, mais généralement restées ponctuelles.

 

Un engagement qui se dessine

Renforcement des critères en matière de dimension européenne, augmentation de l’aide financière de la Commission, mesures d’accompagnement et site internet spécifique: ces nouvelles dispositions applicables en janvier 2007 tendent à valoriser le rôle de partenaire et la visibilité de l’engagement de l’UE dans ce programme, dont elle s’est surtout limitée jusqu’ici à diriger le processus de sélection et de financement.

Une position en écho à celle de la culture dans le projet européen, telle que reflétée par l’article 151 du Traité instituant l’Union, qui réduit les interventions de l’UE à des actions d’appui, de coordination, et de complément à celles des États, - lesquels conservent l’essentiel des compétences culturelles.

Le tout avec un budget minimum.

Il faut aussi rappeler qu’avant d’être déclarée communautaire en 1999, l’action CEC a été intergouvernementale jusqu’au choix de Lille et Gênes 2004, et que la désignation par les Etats membres de l’UE se faisait selon des règles plutôt opaques pour la Commission, dont la mission principale est, rappelons-le, de défendre « l’intérêt général européen ».

Au total, pour un programme certes à améliorer mais d’une importance et d’un potentiel indéniables, un positionnement trop longtemps ambigu dont on a pu dire qu’il se reflétait dans un engagement financier symbolique. Un positionnement dont les institutions européennes commencent à sortir…

(voir ci-après Budgets et Procédures de désignation )

 

 Un tournant à ne pas rater

Convergences de réflexions et d’ajustements, ouverture jusqu’en 2019 de tandems entre anciens et nouveaux États membres, - on est à ce jour dans une phase propice à la régénération de ce programme riche, malgré tout, de vrais accomplissements.

Et ce d’autant plus qu’à l’inverse d’un Paris 1989 centré sur le bicentenaire de la Révolution française, les candidatures des nouveaux membres peuvent être l’occasion de réinventer ce qu’est une Capitale de la culture, en termes d’affirmation d’identité et d’appartenance à l’histoire de l’Europe, comme le dit le jury de sélection de Vilnius 2009.

L’ année 2007 marque donc, avec le jumelage Luxembourg - Sibiu, le seuil d’une expérience cruciale où les principales difficultés antérieures ne devraient pas se perpétuer.

Jusqu’à présent, les partages de titre ont été surtout artificiels et sources de compétitions. Mais Sibiu est là cette fois sur proposition de Luxembourg, en raison de réalisations communes récentes et d’ancrages de Luxembourgeois en Transylvanie au XIIe siècle. D’où une forte volonté de coopération, mixée à l’expérience de Luxembourg, première CEC à revenir sur scène après s’être voulue Ville des cultures européennes en 1995.

Volonté de collaborer aussi entre Stavanger et Liverpool 2008, et entre Linz et Vilnius 2009. Souhaitons que ces intentions se traduisent concrètement et perdurent dans les futurs tandems.

S’amorce également une forme de dynamique culturelle par une multiplication des candidatures au titre de CEC - 8 villes en Hongrie, 10 en Allemagne pour 2010 -, car même les perdantes disent y trouver un souffle nouveau. Dynamique encore par l’implication, déjà lancée, de réseaux élargis bien au-delà d’une seule ville, comme avec les projets saisonniers de Vilnius sillonnant les 4 capitales historiques de la Lituanie, ou avec des mouvements en amont ou postérieurs à l’année CEC: Lille 2004 a engendré Lille 3000, Liverpool 2008 s’annonce dès 2006 avec L’année de la mer, et en 2007 avec le 800e anniversaire de la naissance de la ville.

Fortes des expériences passées, avec une phase préparatoire allongée et une amorce de soutien plus pertinent, les nouvelles candidates ont de meilleures cartes pour développer cette conscience culturelle de soi-même fondement d’un échange fructueux avec l’autre.

Ainsi Rovaniemi - non retenue pour 2011-, s’est interrogée très tôt avec sa population sur la façon de changer par la culture la province de Laponie, et sur ce qu’est l’identité européenne de cette partie de la Finlande, entre ses 8000 ans d’histoire, sa situation stratégique proche de la Norvège, de la Suède et de la Russie, sa minorité et son espace naturel et urbain dominé par la glace. De même Essen, qui, en appui sur 150 “Jumelles 2010”, prévoit de régénérer l’identité de la zone noire post-industrielle de la Ruhr sur les thèmes urbanisme-identité-intégration, et souligne que de nombreuses questions fondamentales pour cette région née du charbon et de l’acier sont de celles posées à l’ensemble de l’Europe aujourd’hui.

 Il y ainsi émulation, évolution. Pour un parcours encore très exigeant.

 

Quel devenir pour les CEC ?

L’optimisation du rôle des CEC ne se réduit bien sûr pas à une mise en oeuvre efficace de  procédures ni ne passe par un attentisme en matière de soutiens financiers, mais implique entre autres:

- la définition de lignes conductrices fortes liées à une politique culturelle de long terme, à une concertation avec l’environnement et avec d’autres villes d’Europe, ainsi qu’à un recentrage drastique des événements ;

- la responsabilisation conjointe des intervenants locaux, nationaux, des jurys et de la Commission pour enrichir la réponse aux objectifs et les retombées du programme ;

- une campagne de communication intense car cette action reste significativement méconnue.

Cohésion, continuité, visibilité, impact : dans ce but, pourquoi ne pas créer - comme le conseille Robert Palmer à la fin de son rapport sur la période 1995-2004 -, une petite structure ad hoc, “indépendante, experte, soutenue par les instances européennes et centrée sur les questions d’intégration européenne, de diversité et de coopération culturelle, de transmission des expériences et de conseil”. Dans la lignée des récentes décisions sur les CEC, cet organisme pourrait, en complétant l’engagement nouveau de la Commission, et entre autres les informations sur internet et l’action des jurys de suivi et de conseil, contribuer à promouvoir les CEC en tant qu’événement culturel majeur et éminemment signifiant au niveau européen.

Pour cependant trouver toute leur valorisation comme processus d’intégration, les CEC devront être incluses dans un projet européen où la culture, moteur crucial d’identité, de création de liens, et d’ouvertures, ne serait plus marginale.

Un projet flexible, permettant de se réinventer soi-même, de se réinventer ensemble, - et un creuset aussi, nourri de visions et de concepts comme d’expériences concrètes, qui puiserait dans le savoir d’individus, de réseaux et d’organismes divers, et dans des actions existantes ou à venir, pour une projection loin devant soi.

C’est de cette dialectique que pourraient participer les Capitales européennes de la culture, telles des laboratoires, avec ce qui devrait devenir leurs pleines aptitudes à parler de cette Europe plurielle et à lancer des ponts, en termes de rencontre d’autrui, d’intégration et de participation des communautés, de mixage du culturel, du politique, de l’économique et du social, et de prospectives en Europe et au-delà.

Les CEC trouveront-elles enfin leur entière reconnaissance en 2008, année du Dialogue interculturel?

Le Conseil des Ministres de l’Union a récemment désigné les Capitales 2010 qui, du Bosphore à la Ruhr, en passant par le bord des Balkans en Hongrie, nous mèneront à Istanbul, Essen, et Pécs.

En d’autres contextes, afin de commencer à « démarginaliser » la culture dans le processus de rapprochement de leurs états, 35 pays d’Amérique ont intégré le concept européen de Capitale culturelle. C’est Merida au Mexique qui le 1er janvier 2000, a inauguré le titre de Capitale américaine de la culture.

 

Dans le prochain numéro, un article se centrera sur les modes de collaboration entre Luxembourg et Sibiu.

 

Budgets et modes de financement  - sur la période 1995-2004, pour 21 capitales, selon R.Palmer* 

Les budgets marquent des différences très significatives selon les villes :
- 8 millions d’euros à Reykjavik et 74 millions à Lille pour l’événementiel,
- 8 millions d’euros à Bologne et 230 millions à Thessalonique pour la revitalisation urbaine, la rénovation ou la création d’infrastructures.

Si on prend l’intégralité des frais en compte, c’est-à-dire avec des frais non directement attribués à la manifestation par les municipalités, régions et divers organismes, le montant total de dépenses imputable aux Capitales serait de 3 à 3,75 milliards d’euros.

La participation de la Commission par capitale est généralement de 500.000 euros, chiffre éventuellement augmenté d’autres fonds de l’UE au travers de projets ou d’infrastructures, - ce qui, sur le revenu total, met la part de celle-ci à environ 1,5%.

Selon les nouvelles dispositions, la dotation communautaire par programme pourrait être augmentée. Elle s’assortira d’un prix si la ville satisfait pleinement aux critères fixés. Le tout versé désormais avant l’événement, - et non plus après -, afin de faciliter la conception des projets et d’alléger les finances des collectivités territoriales.

Au total donc, un investissement considérable, supporté surtout par le secteur public. Ce qui soulève, au minimum, la question du rapport coût/efficacité+qualité+durabilité.

Quant au secteur privé, il s’est beaucoup ouvert au culturel avec les CEC, et le développement de son parrainage s’est la plupart du temps montré essentiel. Il y a encore là un grand potentiel d’évolution, mais avec en préalable l’amélioration des compétences mises en oeuvre, la création d’une image claire et de programmes de haute qualité inscrits dans le long terme.

Le financement de la Commission a pu être qualifié d’anecdotique, mais sur le fond, l’amélioration des programmes des CEC ne passe pas, en tout cas le plus souvent pas essentiellement, par un accroissement des ressources financières, mais bien plus par une volonté concertée de donner ses vraies priorités à ce programme.

Évolution des processus de désignation

Une évolution liée à une volonté de transparence, de codification et de plus grande implication de l’Union européenne.

De 1985 à 2004, le programme est à base intergouvernementale, avec désignation par le Conseil des Ministres de l’Union Européenne, selon des règles souples, peu lisibles pour la Commission, - laquelle intervient pour la subvention.

Une décision de 1999 couvrant les années 2005-2019 déclare communautaire l’action Capitales européennes de la culture (et non plus Villes) et l’inscrit dans le programme Culture 2000. Les nominations sont faites par le Conseil, sur recommandation de la Commission, après avis d’un jury d’experts européens.

De nouvelles dispositions applicables à partir de janvier 2007 ont remplacé celles de 1999, pour la période 2013-2019 (avec phase transitoire 2011-2012).

Objectifs: renforcer la transparence de la procédure de sélection, la définition de la valeur ajoutée européenne, l’implication des citoyens et la pérennité de l’impact obtenu par la manifestation.

Principales mesures:

- incitation à la compétition entre villes au niveau des États membres pour éviter les « monocandidatures »,
- jury de sélection mixte – national (7 experts) et européen (6 experts)
- allongement de la phase-clé de la planification à 6 ans, soit 2 ans pour l’élaboration des candidatures, et 4 ans avec suivi et conseils par un jury d’experts européens entre la nomination et l’événement,
- actions favorisant la lisibilité des critères et le transfert d’expériences: site internet, guide des candidats, forum de discussion,
- augmentation du soutien financier (voir Budgets)

Accueil de la manifestation

Une liste instaurant un tandem entre anciens et nouveaux membres fixe l’ordre de rotation des états de 2009 à 2019. La ville roumaine de Sibiu est jumelée à Luxembourg en 2007, et la Bulgarie à l’Italie en 2019.

Il n’y aura donc pas plus de 2 CEC par an, et une initiative du type mois culturel comme celle menée de 1992 à 2003 pour permettre la participation des pays tiers pourrait être envisagée.

Sibiu, comme Istanbul, (l’une des CEC 2010) ont été nommées sur la base de la décision de 1999 à ce jour abrogée.

Sites internet

Commission européenne avec liste des capitales, rapports des jurys, dispositions applicables au 01/01/07…: www.europa.eu.int/comm/culture/eac/other_actions/cap_europ/cap_eu_fr.html

Rapport Palmer Rae Associates sur les CEC de 1995 à 2004:

www.palmer-rae.com/culturalcapitalsfr.htm

Luxembourg 2007: www.luxembourg2007.org/

Sibiu 2007: www.sibiu2007.ro/

Les Rencontres- Association des villes et régions de la grande europe pour la culture (cf Avignon 11/07/05): www.lesrencontres.org/fr/index.php?param=c-r&num=1

The Network of European Cultural Capitals and Months: http://www.eccm-cultural-capitals.org/

Capitales américaines de la culture: www.cac-acc.org


 

Claude Olga INFANTE

 

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